Au lendemain de l'incendie d'un bus qui a fait un blessé grave, Chirac parle d'"acte ignoble" et Sarkozy envoie des CRS.
Brûlée à près de 70%, la victime se trouve entre la vie et la mort. Le procureur de la République a lancé un appel à témoins pour retrouver les agresseurs.
Tolérance zéro dans huit zones sensibles de Marseille
Crédit Photo : TF1/LCI
Le bus qui a été incendié samedi soir dans un guet-apens à Marseille
Au lendemain de l'incendie d'un bus qui a fait un blessé grave, Chirac parle d'"acte ignoble" et Sarkozy envoie des CRS.
Brûlée à près de 70%, la victime se trouve entre la vie et la mort. Le procureur de la République a lancé un appel à témoins pour retrouver les agresseurs.
- le 29/10/2006 - 15h45
Elle est première victime civile grave des violences urbaines, un an après la première nuit d'émeutes en 2005. Au lendemain de l'incident grave de la veille à Marseille, où un bus a été volontairement incendié brûlant à 70% une jeune femme, Jacques Chirac lui-même a joint par téléphone la famille de la victime. Le chef de l'Etat a exprimé "son horreur devant cet acte ignoble" et "l'a assurée que tout serait mis en oeuvre pour retrouver et punir avec la plus extrême sévérité les auteurs de l'agression".
"Tout acte délictueux ou même d'incivilité sera immédiatement sanctionné" : le préfet de la région PACA, Christian Frémont, a d'ailleurs annoncé qu'à compter de 17 heures ce dimanche une "tolérance zéro" serait appliquée dans huit zones sensibles de Marseille qui seront "surveillées en permanence". Cinq zones sont situées dans les quartiers nord, deux dans l'est et une dans le sud de Marseille. Les quatre terminaux principaux de bus font en outre l'objet d'une "surveillance permanente" par la sécurité publique depuis 14 heures, alors qu'aucun bus ne circulaient dans la capitale phocéenne dimanche, les chauffeurs ayant décidé d'exercer leur droit de retrait.
Appel à témoins
De son côté, Nicolas Sarkozy a annoncé l'envoi de "deux compagnies républicaines de sécurité supplémentaires" à la disposition du préfet des Bouches-du-Rhône. Et Dominique de Villepin a annoncé qu'il tiendrait lundi à Matignon une réunion sur la sécurité et les transports publics, affirmant que tout était "mis en oeuvre pour que les auteurs de ce crime soient interpellés dans les meilleurs délais".
Le procureur de la République a lancé un appel à témoin auprès des passagers, vite rentrés chez eux pour la plupart. "On a besoin de leurs témoignage", a-t-il insisté. Mais aussi "Compte tenu de la gravité des faits", tout "voisin ou autres témoins" pourront être entendus "sous couvert de l'anonymat", a-t-il ajouté, car "on a atteint un tel degré de violence collective, avec des dégâts inimaginables sur cette jeune femme, qu'il faut retrouver les auteurs."
Brûlée à 70%
"Sa peau, on aurait dit qu'on lui enlevait des gants..." raconte un témoin. La victime, une Marseillaise d'origine sénégalaise de 26 ans brûlée à près de 70% de la surface de son corps, est toujours entre la vie et la mort, a indiqué dimanche l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille (APHM). "Il n'y a pas d'évolution. Son état est toujours très préoccupant et le pronostic vital engagé. C'est très grave", a déclaré un porte-parole du Centre régional des grands brûlés de Marseille où elle est hospitalisée. Si elle s'en sort, elle pourrait souffrir d'une infirmité permanente, selon plusieurs responsables politiques.
D'ailleurs, "l'enquête ouverte vise un incendie volontaire ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente car il est clair que la victime ne sortira pas de l'hôpital dans l'état où elle se trouvait avant cet accident", a déclaré le procureur de la République de Marseille qui a parlé d'un "vrai guet-apens". En effet, des "adolescents" ont attendu le visage cagoulé le bus 32 pour en forcer les portes et y mettre le feu avec de l'essence, avant de prendre la fuite (lire notre article).
Hollande : Sarkozy est un "ministre à temps partiel"
Le Premier secrétaire du PS, François Hollande, s'en est vivement pris dimanche sur Radio J à Nicolas Sarkozy, après l'incendie du bus de Marseille. Estimant que "la responsabilité" du ministre de l'Intérieur et probable candidat à l'Elysée "est forcément engagée", il l'a accusé "d'être un ministre à temps partiel". Il a jugé que les "promesses n'ont pas été tenues" notamment en matière d'effectifs de police et de crédits aux associations dans les banlieues déplorant la suppression de la police de proximité. Dominique Strauss-Kahn (PS) a quant à lui insisté sur le fait que depuis des semaines, voire des mois, "les élus de tous bords alertent" les pouvoirs publics "qui n'ont pas pris la mesure des choses". Il a souhaité que les maires soient invités lundi à Matignon.
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